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Version imprimable BREIZHmag "De Plogoff au peuple des dunes"

Extrait article N°6 juin-Juillet 2007

Revue de presse

La Revue BREIZHmag, nous a contacté pour avoir des photos pour illustré l'article intégrant la mobilisation et l'action du Peuple des Dunes. lien vers l'édito du n° 6 sur le site BREIZmag. (abonnement).


 
De Plogoff au peuple des dunes, quand les Bretons défendent leur terre
Textes : Tudi Kernalegenn / Erwan Le Courtois
 
Dès les années 70, les luttes écologistes, notamment l’affaire de Plogoff, ont profondément marqué la Bretagne et les Bretons. Des luttes toujours aussi vivaces aujourd’hui, comme le démontre la mobilisation du peuple des dunes contre le groupe Lafarge. Comprendre ces luttes, c’est comprendre le présent de l’identité bretonne.
 
Une des grandes luttes fondatrices du mouvement écologiste en Bretagne a été les diverses contestation du remembrement. Si quelques réactions violentes vont se manifester dès la fin des années 50, c’est dans la première moitié des années 70 qu’auront lieu les moments les plus tendus, surtout à Trébrivan (22) et à Plonévez du Faou (29), où les CRS seront même déployés. En modifiant le paysage rural à vue d’½il, le remembrement a provoqué de nombreuses prises de conscience, qui ont pu déboucher sur l’écologie.
 
Un autre combat important est celui pour la protection des rivières, animé en 1969 par l’Association pour la Production et la Protection du Saumon en Bretagne et Basse-Normandie (APPSB). La grande mission de l’association est incontestablement le nettoyage des rivières : 800 personnes participent ainsi au nettoyage l’Ellé en août 1980. Son slogan devient « j’entends, j’oublie. Je vois, je retiens. Je fais, je comprends ». Très actif, il forge la conscience écologiste des Bretons.
 
Le troisième ensemble de luttes en rapport avec l’environnement a éclos dans la première moitié des années 1970, qui est celui de la défense des « sites », et plus particulièrement du littoral. En effet, dans les années 1965-1970, les grands projets de marinas ou de stations balnéaires se multiplient. Mais pour chaque projet se crée un comité de défense du site.
 
Des actions en réaction à des agressions extérieures. Et viennent les marées noires…
 
En 1967, le Torrey-Canyon, pétrolier de 170.000 tonnes, s’échoue au large de la Cornouaille britannique. Le Trégor et le Léon sont touchés, causant une émotion dans tout le pays. En janvier 1976, l’Olympic Bravery s’échoue sur Ouessant, provoquant une mini marée noire. De même le 14 octobre, avec le naufrage du Böhlen, au large de l’île de Sein. Cette fois, c’est la colère qui domine. Une colère qui va trouver son apogée le 16 mars 1978, avec l’Amoco-Cadiz. 220.000 tonnes de fuel qui se répandent sur le Léon : le plus grand drame écologique qu’ait alors connu le monde. L’engagement de nombreux artistes bretons, l’afflux des dons à la SEPNB, confirment l’émergence d’une émotion collective en Bretagne. Une longue série de manifestations va d’ailleurs réunir plus de 50.000 personnes sur le seul Finistère.
 
Une « agitation » qui va trouver un sens avec les comités Anti-Marée Noire. Structurés, ils arrivent à diffuser leurs mots d’ordres dans les manifestations. Le plus connu est « mazoutés aujourd’hui, radioactifs demain ». Car pour assurer l’indépendance énergétique de la France, le gouvernement Messmer a décidé, lors d’un conseil ministériel restreint en mars 1974, de lancer le programme nucléaire civil le plus ambitieux du monde. Il projette la construction de 200 réacteurs pour l’an 2000… Deux centrales sont prévues en Bretagne, l’une en Loire Atlantique, l’autre en Basse-Bretagne.
 
Le mouvement de contestation démarre à Erdeven, avec la création d’un Comité Régional d’Information Nucléaire (CRIN). Sur son exemple, des sections du CRIN se constituent un peu partout en Bretagne. Des fêtes mêlant information et concerts, débats et spectacles, se multiplient. Le 5 avril 1975, le CRIN d’Erdeven organise la première de ces fêtes. Elle rassemble 15.000 personnes !
 
Lorsque le site de Plogoff est choisi par les pouvoirs publics, les habitants se sentent trahis. De septembre 1978 à janvier 1980, les manifestations se succèdent. Mais c’est en février 1980 que ce combat acquiert la dimension d’un mythe, avec l’enquête d’utilité publique. Plogoff et trois communes environnantes ayant refusé de l’organiser, c’est par la force que l’administration décide de l’imposer. Gendarmes mobiles, voitures blindées et gaz lacrymogènes font leur entrée à Plogoff. L’indignation s’empare de toute la population, qui va opposer une résistance légendaire aux forces de l’ordre. Tous les soirs, à cinq heures, des affrontements ont lieu, parfois violents. De quelques centaines, les opposants passent à quelques milliers. Le 16 mars 1980, 50.000 personnes viennent apporter leur soutien au village breton. Ils seront 100.000 le week end de la Pentecôte ! Le projet sera finalement abandonné, après l’élection de François Mitterrand. 
 
Les questions écologiques vont continuer de mobiliser les Bretons durant les décennies suivantes. La catastrophe de l’Erika, en 1999, déclenche une forte colère des Bretons. Mais sans parvenir à une mobilisation équivalente à celle de Plogoff. Jusqu’à aujourd’hui, ou le collectif du Peuple des Dunes s’oppose au géant Lafarge. Une multinationale qui souhaite extraire du sable …au large d’Erdeven ! Un retour aux sources de la contestation écologique bretonne ! 
 

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