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Version imprimable Errances... en Bretagne réagit au projet d'extraction de sable

Gâvres et Quiberon accros à leurs grains de sable

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Errances... en Bretagne

Gâvres et Quiberon accros à leurs grains de sable


Toujours de l'environnement, mais je change un peu de région. Nous passons dans le Morbihan où une côte,qui a pourtant été classée OGS (Opération Grand Site), démarche expérimentale de gestion du Ministère chargé de l'environnement, lancée en 1989, se trouve mise en danger par des carriéristes qui souhaitent mettre en place une extraction gigantesque: "600 000 tonnes de sable par an des fonds marins pendant au moins trente ans". Ci-après, l'état des lieux des inquiètudes à Grâves et Quiberon et quelques liens pour vous faire une opinion. (à suivre...)
A l'échelle de la côte morbihanaise, c'est presque une vision d'apocalypse:
imaginez une bonne partie du superbe littoral de Gâvres (près de Lorient) à Quiberon, le plus important cordon dunaire de Bretagne, dépouillée peu à peu de ses plages de sable blond.
imaginez encore, en ces terres à peine plus hautes que le niveau de la mer, la construction de digues en béton pour contenir l'océan que plus aucun obstacle naturel n'arrêterait.
Voilà bientôt la presqu'île de Quiberon transformée en île et celle de Gâvres, itou. Pur fantasme ? C'est en tout cas ce que redoutent les plus farouches défenseurs de cet environnement depuis qu'un projet d'extraction de sables marins, à quelques kilomètres des côtes, est sorti des cartons de deux sociétés industrielles, Granulats Ouest, une filiale du groupe Lafarge, et une société concurrente, GSM. Deux entreprises qui ont engagé, jusqu'au printemps 2007, un programme de prospection et de recherche qui ne laisse pas d'inquiéter élus et associations écologistes locales.

«On risque de se retrouver face à un phénomène qu'un enfant jouant sur la plage peut comprendre , explique Jean Grésy, vice-président de l'association de sauvegarde de la presqu'île de Gâvres. Quand il fait un trou dans le sable, la mer nivelle aussitôt ce trou en aspirant le sable environnant.» Explication simpliste ? Peut-être. Reste que le projet, s'il va jusqu'à son terme, n'est pas anodin puisqu'il prévoit d'extraire près de 600 000 tonnes de sable par an des fonds marins pendant au moins trente ans, à quelques milles seulement des côtes. D'où l'appréhension d'un effet mécanique qui grignoterait par comblement un littoral déjà soumis à rude épreuve et en grande partie classé Natura 2000. Sa préservation fait l'objet de beaucoup d'attentions et va bénéficier d'un million d'euros sur cinq ans, dans le cadre d'un programme européen. Mais l'érosion déjà enregistrée sur certaines plages ou le déplacement mystérieux de celle des Grands Sables de l'île de Groix il y a quelques années, unique plage convexe d'Europe, ne sont guère de nature à rassurer les élus. «Nous attendons sereinement les résultats des recherches mais nous serons très vigilants» , souligne Léon Nabat, maire d'Erdeven et président de l'opération Grand Site pour la préservation du cordon dunaire.

Pour l'heure, bien qu'aucune étude d'impact sur l'environnement n'ait été programmée, les sociétés prospectrices se veulent rassurantes, avançant l'éloignement des côtes et, sur les futures zones d'extraction, l'absence de courants sous-marins susceptibles de déplacer les sédiments. A ce jour, il n'existe d'ailleurs pas d'études in situ sur une éventuelle corrélation entre érosion des côtes et extraction de sables marins, activité assez répandue en Bretagne et Pays de Loire.
Ce qui n'empêche pas la population d'y voir parfois un lien évident. Comme au cap Fréhel, où les autochtones ont constaté l'appauvrissement de la grande plage des Sables d'Or alors qu'on extrait au large, depuis des années, une algue calcaire, le maërl, ce qui provoque aussi des cavités au fond de l'eau. Dans un rapport daté de septembre, l'Institut français de l'environnement (Ifen) mentionne cette activité comme l'un des facteurs responsables de la dégradation des côtes. L'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) évoque aussi cette possibilité. Sans plus de précision. En l'absence d'études approfondies, il reste donc difficile de faire la part entre les activités humaines et les modifications complexes des courants marins pour expliquer l'érosion de certaines côtes. En attendant, du côté de Gâvres, où l'on concède que le bâtiment en Bretagne, qui se porte à merveille, a besoin de nouvelles ressources en matériaux, la défiance est grande. «Je ne voudrais pas que dans vingt ou trente ans, avec une côte défigurée, mes petits-enfants me demandent : "Qu'est-ce que tu as fait ?"» remarque Geneviève Marchand, maire de Saint-Pierre-Quiberon. Réelles ou imaginaires, les incidences sur la côte d'une extraction en un endroit aussi sensible ­ sans compter les répercussions sur la faune et la flore ­ ne se feront effectivement pas sentir avant longtemps. Mais, en cas de malheur, il sera trop tard pour faire quelque chose.

    * source
    * le détail du classement OGS


Par Alain,
lundi 23 octobre 2006


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