Jui. 09 20

Version imprimable Fabrice Nicolino : Ce n’est qu’un petit début (De Lafarge à Notre-Dame-des-Landes)

Billet du 19 juillet 2009

Revue de blog :

Sur son blog "Planète sans visa", Fabrice Nicolino commente l'abandon, par Lafarge, de son projet d'extraction de sable marin entre Gâvres et Quiberon. Il présente l'attitude, le "style", du Peuple des dunes comme un modèle qui doit être rapidement réutilisé pour obtenir l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.



Planète sans visa
Une autre façon de voir la même chose

Ce n’est qu’un petit début
(De Lafarge à Notre-Dame-des-Landes)


Il y a de cela longtemps, longtemps - pas loin de dix-huit mois -, j’ai écrit ici un papier consacré au Peuple des dunes (lire). Vous pouvez bien entendu tout relire, mais comme j’ai des doutes, je vous résume le tableau. Nous sommes en Bretagne, où depuis des années, le noble cimentier Lafarge, héraut du «développement durable», durable et surtout sans fin, tentait d’obtenir des autorisations pour un chantier de 600 000 tonnes de sable. Une telle quantité, je le précise à toutes fins utiles, ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.

Mais où, alors ? En mer, pardi, où personne ne vient déranger les beaux engins de chantier. Pour le malheur de Lafarge, entre Gâvres et Quiberon, où ces agapes étaient prévus, le Peuple des dunes s’est levé. Le « Peuple des dunes » regroupe environ 150 associations de toutes sortes, y compris des pêcheurs, ostréiculteurs, et même agriculteurs. Moi, en mars 2008, j’avais souligné l’étonnante détermination des opposants, et surtout leur style. Le style, c’est (presque) tout. Je pariais à cette date qu’ils gagneraient contre le monstre multinational, et c’est chose faite. Lafarge replie ses gaules et ses pompes, et ira détruire ailleurs (ici).

Ma conclusion toute provisoire, c’est que pour gagner, il ne faut pas transiger. Ce n’est certes pas une condition suffisante, mais elle est nécessaire, ô combien ! Retenez ce mot d’un opposant, que je citais l’an passé : «Sachez qu’il n’y a place pour aucune solution négociée avec les cimentiers, car nous ne transigerons pas sur les valeurs qui sont au cœur de notre action. Il n’y a place ni à l’arbitrage, ni à la conciliation, ni à la médiation».

Voilà bien le langage qu’il faut tenir. Et s’y tenir coûte que coûte. Nous sommes loin du Grenelle de l’Environnement, hein ? Pour gagner, pour espérer gagner, il faut dire non, et faire confiance à la beauté des mots. Je pense déjà à un autre combat, on ne peut plus essentiel, dont l’issue marquera pour longtemps le rapport de forces entre ceux qui avancent à l’abri de leurs bulldozers et nous autres.

Près de Nantes, une flopée d’imbéciles, de gauche comme de droite, tente d’imposer un nouvel aéroport en lieu et place d’une zone naturelle miraculeusement préservée. Or une semaine de rassemblements divers et variés sont prévus autour de Notre-Dame-des-Landes entre le 1 et le 9 août (ici). Eh ben, je n’ai pas de si nombreux conseils à distribuer, mais pour celui-là, pas l’ombre d’une hésitation. Ceux qui seront sur place en août pourront dire à leurs enfants et à leurs petits-enfants : j’y étais. Car pas de doute : il faut.

Fabrice Nicolino
Publié le 19 juillet 2009 - fabrice-nicolino.com


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Commentaires

1 - L'union fait la force. La preuve !

Le combat mené par le Peuple des Dunes doit rester dans les mémoires comme un exemple. 
Nul ne peut, n'a le droit de décider de s'octroyer notre Planète.  
Le Peuple des Dunes a maintenant prouvé la force de 12000 anonymes réunis .....Que nos "décideurs" s'en souviennent !

 


Claudine Corneloup | Le Lundi 20/07/2009 à 17:46 | [^] | Répondre

 

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