Mars 07 18

Version imprimable IFREMER extraction de sable les répercussions sur l'environnement

Le Peuple des Dunes, un peuple inculte et incompétent ?

La chronique de Planète Mer "un grain de colère" sur France-Info de ce matin, présentant l'opposition au projet d'une manière "légère", il me semble intéressant de revenir sur différents arguments.

Sur le site d'Ifremer, la recherche et l'exploitation d'agrégats en mer est largement décrite,
vous trouverez les pages en faisant un clic sur l'image ci-dessous.



Extraits relevant les risques d'une exploitation du sable marin comme celle prévue dans le Morbihan "Sud Lorient" :
 

Les répercussions sur l'environnement

L'exploitation du fond de la mer, quelque soit son objectif et les précautions prises, entraîne des modifications temporaires ou permanentes du milieu marin. Ce système est complexe et l'interdépendance des facteurs physiques, chimiques et biologiques est telle que la modification de l'un d'eux peut entraîner une évolution irréversible du milieu.

Au cours de l'extraction de granulats, l'eau est le premier milieu altéré par création d'une turbidité : en profondeur par le passage du bec d'élinde, en surface par le rejet des particules fines avec l'eau de la surverse. Si faible soit-elle, on ne peut tenir cette turbidité pour négligeable du fait de ses implications sur la flore et la faune benthiques. Les particules fines vont former un panache qui, entraîné par les courants se déposera à nouveau soit en mer, soit sur le littoral.

A la suite de l'extraction, il y aura un changement de la morphologie du fond qui pourra modifier le régime des courants de fond au voisinage du site exploité. En modifiant ainsi l'équilibre des sédiments superficiels, auxquels on peut rattacher dans certains cas les sables littoraux, ces extractions pourront provoquer ou aggraver l'érosion côtière, particulièrement dans le cas d'exploitation à proximité des côtes et par faible profondeur d'eau. Les excavations peuvent, de plus, rendre ces secteurs temporairement impropre au chalutage.

L'impact des exploitations anciennes a été mis en évidence, grâce au sonar latéral, dans les sédiments grossiers (graviers et galets) ; les traces demeurent visibles pendant plusieurs années après la fin de l'activité (Fig. 6). Ces marques témoignent de la faible mobilité de ce type de sédiments, qui ne permet pas le comblement rapide des sillons. En domaine sableux, par contre, les traces de l'extraction sont plus facilement effacées.



Les effets des exploitations sur les ressources biologiques seront soit immédiates et donc évidentes, soit à long terme et seul un suivi sérieux permettra d'en mesurer l'importance.

Parmi les répercussions immédiates, la destruction du peuplement benthique dans la zone d'exploitation est indéniable. Cette destruction affecte essentiellement les invertébrés directement exploitables par l'homme ou sources de nourriture pour certains poissons. Il convient de citer également le risque de destruction des frayères pour les espèces qui pondent sur le fond (hareng en Manche orientale et en Mer du Nord), dont l'intérêt commercial est important et des nourriceries où se concentrent les jeunes individus.

Les répercussions à plus long terme sont moins aisées à mettre en évidence. Elles sont difficiles à différencier, avec certitude, des variations saisonnières ou annuelles naturelles. En cas d'exploitation extensive, les changements notables dans la répartition des différents substrats modifieront les relations avec les peuplements qui leur sont associés. En particulier les creusements effectués à travers des dépôts de sédiments fins pour atteindre les graviers sous-jacents laissent des traces durables ; or les peuplements les plus productifs se trouvent sur ces sédiments fins. La sédimentation de particules fines, remises en suspension lors du dragage et concentrées par les courants de fond, peuvent également changer la nature du substrat.

C'est pourquoi une étude d'impact détaillée doit être effectuée avant toute exploitation de granulats marins. Elle doit comportée au moins :

- une reconnaissance géologique précise du site et de ses ressources ;
- des mesures des conditions hydrodynamiques ;
- une détermination de la richesse benthique ;
- une enquête sur les activités halieutiques ou aquacoles.

... site Ifremer

Le Peuple des Dunes, un peuple inculte et incompétent ?

Ces quelques lignes sont déjà éclairantes sur le fait qu'il y a des risques et que pour une partie il est difficile de les cerner du fait d'un manque d'études. Le Peuple des Dunes a donc de bonnes raisons de s'inquiéter d'autant que Lafarge est le financeur et le bénéficiaire, s'il obtient le permis d'exploiter. Pierre Mollo rappelait, lors d'une soiré débat, que notamment dans un domaine où il n'existe que des recherches partielles, un scientifique "ne trouve que ce qu'il cherche".

Lafarge utilse une communication d'entreprise pas de scientifique son discours est péremptoir et affirmatif, sans le moindre doute, il veut seulement qu'on lui fasse confiance ! Le Peuple des Dunes n'a pas les moyens financiers de ce champion du Cac 40, mais les femmes et les hommes qui sont membres des associations du Collectif n'ont pas de raisons de renier leurs compétences et leur expérience. Yves Lebahy Géographe et professeur à l'UBS relève les "problèmes soulevés par les prélèvements de sables marins".

Sur la liste des signataires de la pétition en ligne, il est étonnant de remarquer la "sur-représentation" de personnes ayant une profession leur permettant d'avoir une lecture professionnelle du rapport d'étude et des conclusions présentées par Lafarge sur son site : Lafarge granulats - projet Sud-Lorient (site mis en ligne par le cimentier après la découverte du projet et le début de la mobilisation). Il faut remarquer que ce site est d'ailleurs nettement plus prolixe sur l'importance du besoin en granulats que sur les risques posés par l'extraction en mer, notamment a faible profondeur près des côtes.

Lafarge n'a pas non plus réussit à convaincre les différents professionnels de la mer de l'absence de risques pour la pratique de leurs métiers et on constate qu'il a fait totalement l'impasse sur leur expertise d'utilisateur, comme l'ont fait remarquer Jean Pierre Le Visage et Pierre Mollo lors des soirées débats où ils intervenaient. Expertise de pratique du lieu, également largement développé par André Berthou pilote du collectif et patron pêcheur en retraite.

Lafarge va devoir revoir sa copie s'il veut espérer nous convaincre et sa communication s'il veut être crédible.

Bruno Corpet


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