Mars 07 22

Version imprimable l'Humanité Dimanche Le Peuple des dunes se lève contre le cimentier Lafarge

Extrait article du 22 mars 2007


Revue de presse

La presse nationale commence à s'intéresser à la mobilisation du Peuple des Dunes, aujourd'hui c'est l'Humanité Dimanche qui consacre une pleine page à un article sur le projet d'extraction de sable entre Gâvres et Quiberon par le groupe cimentier Lafarge.


l'Humanité Dimanche

Le Peuple des dunes se lève
contre le cimentier Lafarge


Fatalement l'extraction de granulats attaquera la côte

Le collectif breton appelle la population à une manifestation dimanche 25 mars contre le projet d’extraction de sable au large des côtes du Morbihan qui risque de mettre en péril le fragile équilibre dunaire.

Le 7 novembre 2003, trois sociétés, l’une, rennaise de dragagen filiale de Lafarge Granulats Ouest et les autres GSM et Granulats Ouest, filiale du groupe italien Italcementi, déposent au ministère de l’industrie un permis exclusif de recherche (PER) qui leur permet de sonder un gisement de sable situé à 5 km des côtes du Morbihan, entre l’île de Groix et la presqu’île de Quiberon.

Le ministère donne son autorisation le 3 mai 2005 pour une durée de deux ans.

Problème : personne ne semble informé. Le maire de Gâvres dit avoir appris la nouvelle dans l’hebdomadaire "Le Marin", en mai 2005, qui en parle à une pêcheur, qui en parle... Les professionnels de la pêche et les associations écologistes se mobilisent alors un peu dans le désordre. Mais le projet d’exctraction de sable de Lafarge commence à inquiéter la population. Jusqu’en janvier dernier, lorsque tous les opposants fondent un collectif "Le Peuple des dunes", ouvrent un blog et choisissent comme porte-parole un navigateur réputé, Jimmy Pahun. Il appelle la population à manifester en famille dimanche 25 mars, sur la plage de Kerhillio.

Car il faut faire vite. Le PER expire le 5 mai 2007 et Lafarge si elle le souhaite peut faire accepter son PER par le préfet, qui doit ensuite déclencher l’enquête d’utilité publique.

Dès lors, les deux camps s’observent, se jaugent. Lafarge envoie ses scientifiques face à la presse pour tenter de rassurer les sceptiques. "Nous avons affaire à deux systèmes sédimentologiques différents. Le sable des dune littorales n’est pas dépendant de celui qui se trouve dans ce gisement sous-maris", précise Olivier Vicaire, un sédimentologue. Lequel ajoute que les plages sont isolées du large par des barrières rocheuses. Affirmation démentie par un universitaire géographe, Yves Lebahy, qui a étudié les conséquences de l’extraction pour le collectif. Prélever 600 000 tonnes de granulats par an dans le secteur pendant quelques dizaines d’années constituera à long terme un acte préjudiciable au maintien des équilibres morphologiques de toute la dynamique cotière de la côte sud de la Bretagne." "Fatalement, l’extraction attaquera la côte", dit Jimmy Pahun, le porte-parole du "Peuple des dunes".

Lafarge fait profil bas. S’engage à ne passer à la phase d’exploitation "que si les études scientifiques démontrent qu’il n’y aura pas d’impact significatif sur le milieu marin..." Et envisage aujourd’hui de prolonger la phase d’étude du PER de plusieurs mois. "Ils pourront l’arrêter quand ils le veulent", rétorque le collectif.

"Les responsables du groupe Lafarge se trouvent devant une mobilisation populaire qu’ils n’avaient pas imaginée", analyse le quotidien "Le Télégramme".

"Le Peuple des dunes" souhaite un vrai débat avec Lafarge, une rencontre entre scientifiques, une réflexion nouvelle sur l’habitat en bord de mer. Si la Bretagne manque de granulats pour suivre le boom de la construction (argument de Lafarge), "il faut trouver d’autres moyens de construire et avoir avec les cimentiers une approche plus globale sur la réutilisation du sable de construction, moins recyclé en France qu’à l’étranger", précise Catherine Vaton, coordinatrice du collectif breton, qui fait remarquer que les pays du nord (Ecosse, Norvège...) ont arrêté l’extraction de sable pour des raisons environnnementales.

Tout le monde est prêt à jouer la transparence, sans guère de résultat probant. Lafarge persiste et signe, continue d’affirmer qu’il n’y a pas d’autre choix que d’extraire le sable : "Il n’y a pas d’autre gisement de sable connu dans la région qui souffre d’un manque important de sable", insiste Jean-Marc Goldberg, président de Lafarge Granulats Ouest. Débat déjà terminé !

Jacques Moran
L’humanité Dimanche
Rubrique France Région

REPERES :
- L’extraction aura lieu sur une zone de 3 à 4 km2 soit une profondeur équivalente à 10 cm par an.
- La zone entière de recherche concerne une surface totale de 93 km2.
- La consommation de granulats est de 400 millions de tonnes par an en France, soit 6 tonnes par habitant. Les granulats marins, extraits en Manche et dans l’Atlantique, représentent 1,5% de cette consommation.

l'Huma dimanche n°53 - 22 mars 2007


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