Mai 09 24

Version imprimable Le Télégramme : Sable. Trois recours judiciaires du Peuple des Dunes

Article du 23 mai 2009 - Lorient ville

Revue de presse

Le Télégramme - Lorient ville


Sable. Trois recours judiciaires du Peuple des Dunes

Le 2 juin, le tribunal administratif de Rennes examinera trois recours engagés par le collectif du Peuple des Dunes contre le cimentier Lafarge. La mobilisation est forte.


Le collectif du Peuple des Dunes poursuit son combat contre les projets du cimentier Lafarge d'exploiter le sable marin de la baie d'Etel qui s'étend de Gâvres à Quiberon. Le 2 juin, un nouvel épisode de cette lutte se jouera devant le tribunal administratif de Rennes. L'objectif du collectif: interdire au groupe cimentier de décharger dans le port du Rohu, à Lanester, des sables qui sont, actuellement, prélevés au large d'Oléron et Noirmoutier.

Le Plan local de l'urbanisme

Cette action du Peuple des Dunes rejoint celle engagée par l'association Lanester urbanisme et environnement, qui dénonce le plan local d'urbanisme autorisant l'installation sablière. Cette association attend un prochain jugement alors même que, selon elle, le commissaire du gouvernement estime «que ce Plu est illégal» et que la commune doit revenir au plan d'occupation des sols précédent (jugement attendu le 11juin). Ces procédures contre Lafarge sont engagées alors que le cimentier a déjà commencé les travaux d'aménagement de la sablière du Rohu où il compte faire transiter 600.000 tonnes de sable chaque année.

Trois axes de contestation

Pour Jean Grézy, porte-parole du Peuple des Dunes, les procédures visent trois axes. Le premier: les atteintes à l'environnement. Le sable débarqué au Rohu est lavé et les eaux rejetées dans le Blavet avec tous les risques que cela comporte. Ainsi, le collectif craint que des planctons toxiques, «endormis dans le sable» soient rejetés dans la rade et contaminent des zones comme la Petite Mer de Gâvres. L'extraction de sable est également «anarchique». Il n'y a aucun contrôle réel des quantités de sable exploitées. Second axe de réflexion: les règles d'urbanisme et la contradiction entre l'implantation d'une nouvelle sablière et la volonté municipale de préserver des «coulées vertes» entre la ville et le port. Troisième axe: le «détournement de la loi par le groupe Lafarge.» Le collectif constate que l'un des sabliers déjà présents au Rohu a des liens capitalistiques avec le cimentier. Or, au-delà d'un million de tonnes de sable, il est nécessaire, pour toute implantation nouvelle, de réaliser une enquête publique. Pour le collectif, l'arrivée de Lafarge est une extension de Sablimaris qui nécessite cette enquête. Jean Grézy conteste la dissociation des deux sociétés. Le juge du tribunal administratif devra donc éclaircir ces points de vue qui font dire également à Jean Grézy: «Le groupe Lafarge ne réussira à s'installer à Lanester, qu'avec le soutien de pouvoirs locaux comme celui de la Chambre de commerce et d'industrie et celui de la famille Le Drian.»

Yves Guégan
Le Télégramme
23 mai 2009


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