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Le Peuple des Dunes

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Le Peuple des Dunes

C'est le très poétique titre d'un article de Ouest France, ce jour. Je suis pas spécialement friande de ce journal, mais Erdeven en page d'accueil, mettons une exception.
L'article est copié en dessous. C'est étrange de lire des nouvelles de là-bas, de voir ce lieu cité comme ça.

Parce que c'est un peu, beaucoup chez moi, là bas. Alors l'idée de sable qui se barre, ça me fait moyennement plaisir, même si j'ai bien dû en ramener quelques kilos dans la maison, au retour de la plage... J'ai manqué pas m'en remettre quand, en allant voir Narwen il y a quelques années, elle me sort "Tiens au fait, la barre d'Etel est partie !" (la barre d'Etel, c'est un peu comme la tour de Pise. Imaginez qu'on vous direz que la tour de Pise est partie, comprenez ma surprise). Bon, chui une cave en marées, mais elle est revenue, la barre. Heureusement, sinon Etel ca existe plus.

Et Erdeven sans dunes, j'vois pas. Rien que le nom, pour autant que je m'en rappelle, signifie "le pays des dunes" en breuton. J'en rêve de ces dunes, quand je m'échappe des amphis je cours par les matins de brume entre les herbes sèches, j'en regarde les couchers de soleil, je les traverse je les parcours au triple galop sur un destrier fou comme les marées d'équinoxe.
Rennes est ma terre promise, Erdeven est mon refuge mental, la terre quittée que j'espère retrouver, un sanctuaire.

Entre ça et le procès de l'Erika qui fait remonter de troubles souvenirs de confusion et de douleur mêlés, j'ai... envie d'y retourner.

Par MalGwenn,
vendredi 23 mars 2007 à 14:22

 

Paru dans l'édition du vendredi 23 mars 2007

« Le Peuple des dunes » manifeste à Erdeven

539 000 tonnes de sable débarquées en 2005, 600 000 tonnes en 2006 : au port sablier du Rohu à Lanester, les collines de sable montent. Le marché grimpe. Mais le projet d'extraction de 600 000 tonnes de sable entre Groix et Quiberon, face au trait de côte classé Grand site dunaire, échauffe les esprits dans le sud-ouest du Morbihan.

La multinationale Lafarge et GSM, filiale du groupe italien Italcementi, cherchent de nouvelles concessions. Il y a deux ans, Lafarge a fermé sa carrière de Pleugriffet dans le centre du Morbihan (250 000 tonnes de sable par an). Sa carrière de Radenac, 250 000 tonnes aussi, arrive en fin d'exploitation en 2009. GSM et Lafarge ont donc obtenu, en mai 2005, par l'intermédiaire de leurs filiales, un permis exclusif de recherches (1). La zone d'extraction couvrirait un périmètre de 4 km2, par moins 30 m de fond, à trois milles de la côte face à Gâvres et Plouhinec. Les industriels souhaitent en tirer 600 000 tonnes de sable, « soit une profondeur équivalente à 10 centimètres par an », pendant 30 ans.

Le sable déposé il y a 9 000 ans

Près de 90 % du sable marin prélevé aujourd'hui devant l'embouchure de la Loire sert à bâtir nos maisons. Et l'immobilier sur la zone littorale de la Bretagne tire l'emploi. Qu'on le veuille ou non, à ce jour, pour bâtir un pavillon de taille moyenne, il faut environ 34 tonnes de sable. Chacun est concerné. Mais la contradiction n'empêche pas la population littorale de refuser le projet. 25 associations de défense de l'environnement ont créé un collectif, « Le Peuple des dunes ». L'Association de sauvegarde et de protection du littoral de la presqu'île de Gâvres a porté un recours en annulation devant le tribunal administratif.

Selon les experts cités par les industriels, malgré la houle, la marée et le vent, le sable déposé il y a 9 000 ans n'a pas bougé depuis. Par contre, la sagesse populaire imagine le trou de sable qui se comble dès la première marée. Au bout de 30 ans d'exploitation, 10 centimètres par an de prélèvement auront creusé trois mètres. Pour les opposants, la dune s'effondrerait laissant passer le flux.

Principe de précaution

Le trait de côtes a déjà été amaigri par les prélèvements d'un million de tonnes de sable pour la construction de la base de sous-marins par les Allemands en 1941-1942. On évalue la reconstruction de Lorient à quatre millions de tonnes de sable consommées. « Il faut aussi prendre en compte l'élévation à venir du niveau de la mer, note le géographe Yves Lebahy, de l'Université Bretagne Sud. Nous savons que, dans l'hypothèse la plus basse, le niveau va augmenter de 60 à 80 cm d'ici à 2080. Face à ces risques, seul le principe de précaution s'applique. »

Si on ne peut départager la bataille d'experts, un autre aspect de la question mérite débat : les opposants mettent en avant un autre mode de développement. Pourquoi ne pas appuyer la filière construction en chanvre ? Ou en bois ? Seule une volonté politique peut influer ces changements vers des matériaux alternatifs. À un an des élections municipales, il n'est pas un maire concerné qui dise oui à l'extraction. Et le « Peuple des dunes » ne veut pas lâcher la pression face aux cimentiers.

Christian GOUEROU.

Manifestation, dimanche 25 mars, à 15 h, plage de Kerhillio, à Erdeven (56).

(1) Le groupe Libaud (Dragages Transports Travaux Maritimes, société d'extraction, et Sablimaris qui commercialise le sable à terre) n'est pas directement impliqué dans le permis de recherches sablières. Mais Libaud est actionnaire à 60 % du groupe GSM, détenteur du Permis exclusif de recherches (PER), avec la Société rennaise de dragage (SRD, filiale de Lafarge) et la société Lafarge Granulats Ouest.
Ouest-France du vendredi 23 mars 2007


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