Jui. 07 06

Version imprimable Morbihan, Extraction de sable Lafarge s'explique

Extrait "le Journal des entreprises" du 01/06/2007

Revue de presse



L'article semble anodin, bien qu'en réalité, il montre comment Lafarge continue discrètement son intoxication. L'article comporte de nombreuses erreurs voir des "bêtises" comme le souligne Jean Pierre Le Visage, président de l'observatoire du plancton à Port-Louis, dans le billet "Peuple des Dunes : les erreurs de Didier Collonge et Lafarge".


Le journal des entreprises


Morbihan
Extraction de sable.
Lafarge s'explique


Le projet Lafarge d'extraire du sable marin entre Gâvres et Quiberon fait couler beaucoup d'encre. Une association, le "Peuple des Dunes", estime la dune littorale et la faune aquatique menacées. Le cimentier s'explique point par point.

Pourquoi le groupe Lafarge souhaite-t-il extraire du sable au large des côtes morbihannaises ?

Chaque français consomme environ 20 kilogrammes de béton par jour. Après l'air et l'eau, c'est la première substance utilisée par l'homme. La Bretagne, elle, consomme chaque année 30 millions de tonnes de sable et de gravillons pour le marché en plein essor de la construction et des ouvrages de génie civil. Elle est parallèlement très pauvre en gisements de sable, et un problème d'approvisionnement va se poser dans les cinq ans qui viennent.

N'y a-t-il pas d'alternative terrestre à cette extraction sous-marine ?

Pour combler le manque de carrières de sable, on le remplace par des cailloux concassés, pour ce qui est des constructions simples, et on réserve le sable naturel aux constructions évoluées, qui nécessitent un matériau de meilleure qualité. La nature géologique de la Bretagne, qui compte beaucoup de silice et peu de calcaire dans ses sols fait que le sable qu'on en tire est peu performant. L'extraction de sable sous-marin est donc la seule alternative.

Quel est le déficit de sable en Bretagne ?
Pour la seule construction, la Bretagne consomme 4 millions de tonnes de sable par an, mais n'en produit que 2,6 millions (dont 1,7 million provenant des carrières terrestres, et 0,9 million de cailloux concassés). Le solde de 1,4 million est importé des Pays-de-la-Loire, avec 1,1 million de tonnes de sables marins. Et même si on construit en bois, les fondations, les enduits et autres demanderont toujours du béton, et donc du sable.

Où se situent exactement les recherches ?
La zone d'étude est un trapèze de 16 km2, qui n'a pas de continuité sédimentaire avec la dune d'Erdeven, comme le confirment les études géologiques. Elle se situe au plus près à 5,5 kilomètres des côtes, et à 9 kilomètres de l'île de Groix. De plus, c'est une zone abritée, calme y compris pendant les grandes tempêtes, ce qui favorise la stabilité du fond.

Pourquoi avoir ciblé cette zone ?
Au cours des années 1970, l'Ifremer a réalisé un inventaire du plateau continental pour cibler les réserves potentielles de sables et de graviers. Le bassin de Lorient avait été repéré, mais aucune étude approfondie n'avait été réalisée. Compte tenu de la minceur des informations, nous sommes passés par une phase d'exploration. Nous avons déposé un dossier en 2002, et en 2005, une autorisation ministérielle nous a permis de débuter les travaux de recherche. Nous sommes actuellement toujours dans cette phase.

N'avez-vous pas commis une erreur de communication ?

Le problème est que l'on nous a demandé de communiquer une estimation de l'extraction au moment du dépôt de notre dossier de recherche, alors que nos recherches ont précisément pour but de déterminer ce chiffre. Du coup, les gens n'ont retenu que ce chiffre de 600 tonnes pendant trente ans, qui est finalement le chiffre maximum auquel nous pourrions aboutir.

Avez-vous suffisamment associé la population locale ?

Nous avons rencontré les élus, mains nous ne nous sommes pas adressés directement aux citoyens. Nous étions en phase de recherche et nous n'avons pas imaginé que les choses évolueraient de cette manière. Nous n'avons pas assez expliqué ce que nous faisions. Nous avons pourtant constitué - ce qui n'a rien d'une obligation - une commission rassemblant les élus, les associations, les pêcheurs, les services de l'Etat et nous-même.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de ne pas respecter l'environnement ?
Transporter des matériaux pondéreux sur de longues distances est à la fois très cher et très polluant. Le prix du matériau transporté sur 40 kilomètres est le double du prix de base. Or la Bretagne possède les infrastructures portuaires nécessaires, avec Lorient, Brest et même Quimper.

Et les inquiétudes sur la faune ?

Nous sommes en train de faire un inventaire de ce qu'il y a au fond de la zone, sur et sous la surface. Nous faisons des prélèvements, et pour l'instant, nous n'avons pas rencontré d'espèces rares ou protégées. Quoiqu'il arrive, l'extraction n'empêchera en rien les poissons de continuer à vivre leur vie au fond. Par ailleurs, nous étudions l'impact potentiel de l'extraction sur le plancton.

Trouve-t-on d'autres gisements sous-marins au large des côtes françaises ?
Sept gisements sont aujourd'hui exploités en mer, qui représentent 7 millions de tonnes, sur 410 millions que la France consomme chaque année. Par comparaison, la Grande-Bretagne extrait 22 millions de tonnes par an sous la mer.

Propos recueillis par
Vincent de Longueville
Le journal des entreprises
le 1er juin 2007


Mots-clés : , ,

 

Recherche dans tout le site 

Services visiteurs 



voir les Stats

Annuaire et Guide de Bretagne, www.webbreton.com
www.webbreton.com


autres