Déc. 06 29

Version imprimable Morbihan Gâvres, création du collectif "Le Peuple des Dunes"

Assemblée Générale ASPLPG du 28 décembre 2006


Membres ASPLPG, au centre André Bertoux président, photo archive Le Télégramme

Procès verbal de l'assemblée générale de l’Association de Sauvegarde et de Protection du Littoral de la Presqu’île de Gâvres (ASPLPG) le jeudi 28 décembre 200­6 salle Éric Tabarly, Gâvres.

André BERTHOU, président de l'association ASPLPG accueille les nombreux participants à cette manifestation et salue particulièrement toutes les associations qui ont fait le déplacement à savoir :

• "Au Port-Louis Joli"
• Association des pêcheurs de la Ria d’Etel
• "Allpa" (Association Loi Littoral Pays d'Auray)
• "Fédération des associations de protection du golfe du Morbihan"
• "Les Amis du Marais" (4 chemin des paludiers 56340 Carnac)
Mieux vivre au pays de Lorient
Rade environnement
Eaux et Rivières de Bretagne
• Pierre, nature, culture et Cohérence
• "Lanester urbanisme environnement"
• "S.O.S. petite mer de Gâvres"
• "Syndicat des pêcheurs à pied de la petite mer de Gâvres"
• "Environnement Larmor-Plage" (ELP)
• "Ker eau propre"
• Gâvres kite
• "Locaterre" (Languidic)
• UNIVEM
• CETADIR (Local Mendon)
UADL (Union des Associations pour la Défense du Littoral)
• "Association pour la défense du littoral et des pêcheurs de la ria d'Étel"
• "Association des plaisanciers et usagers du port de Gâvres"

Le président salue également les différents élus, maires adjoints et conseillers municipaux des communes environnantes, également présents à cette manifestation.

1. bref historique de l’association par le président

Constituée à la suite de la submersion marine du 10 janvier 2001, l'association de sauvegarde et de protection de la presqu'île de Gâvres a obtenu, à la suite d'un recours, la reconnaissance d’état de catastrophe naturelle permettant l'indemnisation des victimes.

Déclarée à la préfecture le 13 juin 2001, l’association a connu ensuite une modification de ses statuts, le 8 décembre 2003. Dans le cadre de son objet social, l'association a oeuvré sur différents plans : sondage réalisé auprès des différents habitants de la presqu’île , intervention auprès des services de la DDE et de la préfecture contre le stationnement illégal sur la route entre Gâvres et Plouhinec en raison des dangers pour tous les usagers, intervention auprès du maire de Lorient contre le projet de création d'une cimenterie. Au mois d'août 2006, l'association a fait éditer un fascicule sur les fleurs protégées bordant le littoral de la presqu'île. Chaque premier samedi du mois de juillet, l’association organise une opération de nettoyage des plages de la presqu’île.

L'association fait partie du comité de pilotage Natura 2000 et de la commission de suivi concernant l'extraction de sable au large d’Etel, entre Gâvres et la pointe de Quiberon.

Ce projet d'extraction de sable a fait, dans un premier temps, l'objet d'un recours en annulation devant le tribunal administratif de Rennes contre l'arrêté du 3 mai 2005, pris par le ministre de l'Industrie, accordant un permis exclusif de recherche de sables et graviers silicieux marins (PER sud Lorient publié au journal officiel numéro 122 du 27 mai 2005).

Dans un deuxième temps, un recours en annulation a également été introduit contre la décision d'autorisation d'ouverture des travaux, signée par le préfet du Morbihan, le 21 octobre 2005, à la suite de la déclaration de travaux des sociétés S. R. D., G. S. M., et granulats Ouest, filiales du groupe Lafarge. Aucune décision n’est intervenue à ce jour.

Le PER sud Lorient concerne à ce stade une phase de recherche et d’expertise qui débouchera à terme sur une exploitation de l’ordre de 600 000 tonnes de sable par an, qui durera au minimum 30 années. En raison du caractère catastrophique pour nos plages et notre cordon dunaire d'un tel projet, nous avons pris l'initiative de vous réunir ce soir.

En effet, nos plages subissent déjà un important dégraissement naturel qui risque, de l’avis d'un certain nombre de personnes compétentes, d'être amplifié considérablement par une extraction de sable réalisée à 5 kms au large de nos plages.

Il y a lieu également de noter que le périmètre prévu pour cette extraction est un secteur de pêche important pour tous les professionnels : fileyeurs, caseyeurs, ou chalutiers. Toute cette zone devrait donc être sinistrée, d’où un manque à gagner considérable pour toutes ces professions. De plus, cette zone constitue une immense frayère où se côtoient bars, merluchons, lançons, sardines, coquillages, et bien d’autres espèces.

C'est pourquoi, nous exprimons notre très grande inquiétude pour les générations futures.

 
 2. les actions menées dans le cadre du salon nautique


Jimmy PAHUN, champion du tour de France à la voile, très impliqué dans les problèmes environnementaux, rapporte les différentes actions qu'il a conduites, notamment à l'occasion du salon nautique à Paris où il a déployé une banderole de l'association de Gâvres, aux côtés d’Isabelle Autissier, protestant contre le projet d'extraction de sable. Cette banderole avait été préalablement signée par tous les coureurs de la Route du Rhum ainsi que par un grand nombre de personnalités du monde de la mer mais également de la presse et des lettres. De Loïc Peyron, à Éric Orsenna, en passant par Gérard Holtz, Georges Pernoult, Lionel Le Monchois etc… tous ont clairement manifesté leur engagement.

Le dimanche 17 décembre 2006, il a participé à l'émission écolographie, diffusée par Europe un, dans le cadre d'un face-à-face avec un responsable de la société Lafarge, mettant ce dernier constamment sur la défensive.

 
3. la création du collectif

Jean Grésy, vice président de l'association, rappelle que le sable n'est plus fabriqué par la nature ou la mer, et que le stock de sable existant a été fabriqué à la fin du quatrième millénaire, lors de la fonte des glaciers. Dès lors que ce stock n'est plus susceptible de renouvellement, il y a un risque de tarissement à terme comme en matière d'hydrocarbures. Il y a 50 ans un certain nombre d'extractions ont été conduites pour réaliser d'une part la base sous-marine de Lorient et d'autre part pour reconstruire toute la ville de Lorient après sa destruction. Le phénomène de dégraissement des plages auquel nous assistons aujourd'hui trouve sa cause dans ces extractions faites sans précaution voici cinq décennies. Les trous opérés se bouchent naturellement par des apports de sable prélevés sur les dunes, les plages ou les avant plages. Si de nouveaux prélèvements, de l'importance de ceux qui sont annoncés, étaient effectués, cela conduirait à la disparition progressive de tout le cordon dunaire.

S'il n'existe plus de pare-choc pour arrêter les vagues, la mer, dont le niveau s'élève régulièrement, envahira progressivement les terres et les constructions dont les hauteurs culminent à cinq ou six mètres maximum au-dessus du niveau de la mer. Une partie de la région dispose d'un bâti construit en dessous du niveau de la mer et ce sont donc toutes les populations qui se trouveraient menacées. Ainsi il est possible d'entrevoir, selon certains scientifiques, à l’horizon de plusieurs décennies, suite à la disparition progressive du cordon dunaire depuis le début de la presqu'île de Gâvres jusqu’à l'isthme de Quiberon, la pénétration de la mer dans les villages bordant la petite mer de Gâvres, le littoral du Grand Site, de même qu’une menace forte de submersion de la ville de Carnac.

Ce projet, s'il devait se réaliser, menace également l'économie locale et toute l'économie touristique de la région.

Quelques signes peut-être positifs à noter toutefois : la maire de Lanester a refusé une nouvelle fois que le débarquement de 600 000 tonnes de sable se fasse au port du Rohu et le groupe Lafarge envisagerait de solliciter le renouvellement de son permis de recherche pour une nouvelle période de 24 mois, ce qui retarde d’autant la phase d’exploitation. Les deux problèmes étant liés, le retard de l’un explique peut-être le report de l’autre. Il ne s’agit donc pas de relâcher notre vigilance.

C'est pourquoi nous vous proposons de constituer un collectif d'associations pour mettre en commun nos moyens, nos réseaux et notre détermination, afin d’empêcher la réalisation de ce projet d'extraction de sable.

Ce collectif désignerait un porte-parole, un secrétaire général chargé de réaliser la revue de presse et la diffusion immédiate et en ligne de toutes les informations publiées sur de le sujet.

La présidence ou la coprésidence serait assurée à tour de rôle. Un trésorier compléterait ce dispositif, si l’on dote du moins ce collectif de la personnalité morale, en en faisant une nouvelle association. Chaque association participerait financièrement au soutien de cette organisation en versant un euro par membre prélevé sur les cotisations perçues de ses adhérents.

Pour favoriser la communication entre toutes les associations et leurs adhérents ainsi qu’avec le public le plus large, un site Internet sera créé.

Ce collectif choisirait un nom qui permette de bien identifier son objet social. Comme le mot « dune » est au centre du dispositif de protection, je vous propose de retenir l'appellation suivante « LE PEUPLE DES DUNES », celle-ci reflétant l'union de ceux qui vivent ou travaillent derrière les dunes, sur la dune ou devant les dunes.

À ce stade de la réunion toutes les personnes présentes sont invitées à intervenir pour manifester leur position face à ce projet.


4. le débat public

Il n’est pas possible de retracer ici l’entièreté du débat qui a duré près d’une heure trente. Quasiment l’ensemble des associations se sont exprimées. Les lignes force qui peuvent être dégagées sont les suivantes :

- l’importance de créer un collectif, très rapidement, afin de montrer la détermination des associations face à un groupe industriel extrêmement puissant

- l’existence avérée d’une forte menace de dégraissement des plages et de disparition, de la dune. Certes, si la recherche en sédimentologie (sans même prendre en considération les expertises du bureau d’études Seamer payé par Lafarge), est malaisée et les experts pas toujours d’accord, il convient d’arrêter ce projet à triple titre :

· au titre du principe de précaution quand on prend en compte les expertises scientifiques qui annoncent une catastrophe écologique dans notre région,

· au nom du principe de citoyenneté et d’une exigence de développement durable que la société civile porte et défend pour la transmission de son patrimoine aux générations à venir,

· enfin au regard d’autres expériences désastreuses d’extraction de sable près des côtes, dans d’autres sites : celui du cap Fréhel ou encore trois exemples en Grande Bretagne, cités par l’association eaux et rivières. On ne peut courir ce risque dans le grand site, d’autant que les derniers relevés photographiques sous-marins font état d’une disparition du sable à 300 mètres des côtes, laissant apparaître la vase.

- la nécessité de toucher le groupe Lafarge au point sensible, c'est-à-dire l’image qu’il essaie de donner d’être un groupe industriel respectueux de l’environnement, ainsi qu’on peut le constater dans toutes les brochures assurant la promotion du groupe. Or, ce groupe industriel cherche avant tout le profit et non le développement durable (aucune réflexion n’est faite ou transmise par lui sur d’autres procédés de construction que le béton notamment alors même que des possibilités existent). Le groupe Lafarge serait l’un des plus grands pollueurs des côtes françaises si ce projet voyait le jour et il faut médiatiser le message de « Lafarge pollueur » par tous les moyens possibles.

- En terme de portage juridique , la nécessité de choisir entre deux formules : soit créer une nouvelle association, soit créer un collectif sans personnalité morale. C’est cette dernière solution qui est retenue pour des raisons de rapidité et d’efficacité. L’ensemble des associations présentes ont décidé à l'unanimité la constitution de ce collectif de défense et les participants ont insisté sur la nécessité de laisser à l’association de sauvegarde et de protection du littoral de la presqu'île de Gâvres un rôle pilote, notamment en lui confiant les participations financières, destinées à financer des actions communes, définies par le collectif. Des aides matérielles pourront également lui être apportées, en termes d’informatique par exemple.

- En termes de modalités d’action, sont privilégiés :

* Un appel incessant à tous les élus, et notamment au Conseil général. Il faut profiter de la période électorale à venir pour les sensibiliser sur la question. Le maire adjoint d’Erdeven, en charge de l’environnement, manifeste sa détermination et précise que, au sein du comité de suivi, l’ensemble des présents, et notamment tous les élus, sont hostiles à ce projet, sauf les représentants du groupe Lafarge et la DRIRE. D’ores et déjà, madame le Magueresse, adjointe au maire à Locmiquélic, informe qu’une question d’actualité sera posée au ministre de l’Industrie par madame Hervieux, sénatrice du Morbihan. Beaucoup de participants souhaitent voir interviewer publiquement tous les maires dépendant de Cap Lorient et tous les membres du conseil général.

* des actions de mobilisation : il faut qu’on nous voie et qu’on nous entende. C’est notamment dans le cadre d’une marche commune que se traduira la symbolique de ce collectif.

* des actions de mise en synergie des différentes associations, sans oublier les jeunes, jeunes surfeurs notamment, mais aussi les pêcheurs (ceux de la petite mer de Gâvres ont affiché un fort soutien) , agriculteurs, ostréiculteurs etc.

* des actions de mise en réseau par un site internet et des actions de sensibilisation des medias.

 
5. décisions prises

D'ici la fin du mois de janvier les présidents de chaque association se feront habilités par leurs adhérents pour signer l'engagement officiel de leur association, dans le collectif de défense. Dès à présent il est convenu d'une réunion organisée : le 27 janvier 2007 à 10h30 à Gâvres, salle Eric Tabarly.

au cours de laquelle sera signé l'acte officiel de constitution de ce collectif. Lors de cette réunion, le collectif décidera d'une manifestation à organiser ensemble, au cours du premier week-end de mars, et des dispositions communes à adopter pour médiatiser ce premier engagement.

Le président clôture les débats à 23 h 30 et invite tous les participants au pot de l’amitié.


La secrétaire : Monique le Martelot
Le secrétaire adjoint : Jean Gauthier

Contact ASPLPG et Le Peuple des Dunes
Molema-bzh@orange.fr


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