Mars 07 24

Version imprimable Ouest-France Les pêcheurs refusent l'extraction de sable

Extrait article 23/03/2007

Revue de presse

Le monde de la pêche est unanimement contre le PER Sud Lorient, et conteste la validité des arguments de Lafarge.


 

Ouest-France

Les pêcheurs refusent l'extraction de sable


Pêcheurs à pied, au filet ou au chalut ont rencontré les représentants de Lafarge et Italcementi. L'entente est impossible.

«Nos métiers sont incompatible », a lancé Liliane Carriou, présidente du comité local des pêches au bout d'une heure de discussion avec les «extracteurs» de sable. Après une première rencontre qui avait tourné court très vite, cette deuxième entrevue entre les deux parties s'est mieux déroulée. Représentés par Didier Collonges, de Lafarge granulats services, les pétitionnaires du permis de recherche ont défendu les résultats de deux ans de recherche entre Groix et le Quiberon. Le projet d'extraction porte sur 600 000 tonnes de sable par an.

Olivier Vicaire, de la société Astérie, sédimentologue, a affirmé : «il n'y a pas de lien entre le sable de la côte et celui de la zone de recherche. Et il n'y a pas de risque d'érosion lié à une future extraction.» Les scientifiques ont étudié les sédiments vieux de 9 000 ans. «Seules les grandes houles peuvent remuer ces fonds. Une extraction de sédiments ne modifierait le bilan sédimentaire que sur son pourtour. Il n'y aurait pas d'impact au-delà de quelques centaines de mètres.»

Dans la salle, les professionnels ne l'entendent pas de cette oreille. «Les professionnels ont parfois raison avant les scientifiques : si vous retirez une partie du substrat déposé au fond, c'est la désertification du milieu.» Sur la zone de recherche, près de 100 bateaux lorientais travaillent, 54 à la petite pêche, 46 à la pêche côtière, sans compter les Quiberonnais ou d'autres. «Nous avons un problème, insiste Liliane Carriou : Avec votre projet, nous allons devenir invisibles. Si vous êtes là, nous disparaissons. Vous êtes dans une zone de frayères.»

Phytoplanctons toxiques

Pierre Mollo, enseignant en aquaculture, intervient : «À chaque fois que l'on manipule des vases, on prend des risques. Des phytoplanctons toxiques qui s'y développent s'en échappent. Nous ne savons pas si le dinophysis ne vient pas de là. À chaque fois qu'il y a de l'extraction, comme aux Glénan, en rade de Brest ou de Morlaix, on réveille ces phytoplanctons. On ne peut se permettre de jouer ainsi.»

Un fileyeur interpelle : «Il n'y a que de la vase autour de votre zone d'extraction. Vous nous dites que les bords pourraient bouger. Ils s'effondreront avec la vase». Un pêcheur plaisancier d'Etel attaque : «La rivière d'Etel est un entonnoir. Toute la vase va se retrouver chez les ostréiculteurs et les pêcheurs à pied.» Un autre enchaîne : «Mon grand père a vu les blockhaus à 10 m sur la dune. Aujourd'hui, ils sont à 200 m du rivage, dans la mer. Où est passé le sable, sinon là où vous allez le prendre.»

Marc Jamet, vice-président du comité des pêches, acteur de Lorient pôle pêche argumente. «Le milieu bouge déjà. Il est inutile d'en ajouter alors qu'il y a le réchauffement climatique. Le principe de précaution doit s'appliquer. En outre, on a imposé des contraintes réglementaires extrêmes à la pêche. Elles entraînent la prise de responsabilité des professionnels. Et on voudrait nous dire qu'on va exploiter pendant 30 ans ce site et que ça ne perturbera pas le milieu· Comment allons nous dire ensuite à nos clients que nous préservons le milieu· Nous aurons un problème d'image avec une pression environnementale importante.»

Fin de l'envoi ? Non ! Marc Jamet va plus loin : «On nous dit que la Bretagne extrait zéro tonne de sable. Et bien continuons sur cette image !»


Christian GOUEROU
Ouest-France du 23 mars 2007


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