Juin 08 14

Version imprimable Ouest-France Lorient : Travaux dirigés de Lafarge au terminal sablier de Brest

Extrait de l'article du 14/06/2008

Revue de presse

Cet article
relate la visite "promotionnelle" organisée par Lafarge sur son site de Brest. Les quelques lignes consacrées à l'exposé de Michel Desprez alignent des chiffres qui demandent un minimum de complément pour comprendre une des raisons de l'action du Peuple des Dunes.

Il est bon de rappeler que le permis est demandé par Lafarge pour une durée de 30 ans. ce complément donne une autre lecture : "Le travail scientifique montre que l'extraction réduit la richesse de la nourriture des poissons (le benthos) de 60 % et entraîne une diminution de 80 % des espèces" pendant 30 ans  pour PER Sud-Lorient !!!
"Sept ans après l'arrêt des dragages, on assiste à une recolonisation, surtout par des espèces opportunistes". Il sera intéressant d'avoir l'avis de Pierre Mollo, mais favoriser une colonisation d'espèces opportunistes en lieu et place des espèces locales semble un véritable danger pour la qualité de la biodiversité du site.
"Après 15 ans, l'un des sites étudié n'étant plus chaluté, on arrive à créer un sanctuaire pour poissons." Nous serons 45 années après le début de l'extraction! C'est du style "après moi le déluge" car "sanctuaire pour poissons" est pour le moins vague et imprécis.

Le 29/08/2008 Ouest-France publie un article "correctif" demandé par Michel Desprez biologiste : "Précisions après la visite du terminal sablier de Brest"

Ouest-France

Travaux dirigés de Lafarge au terminal sablier de Brest




Le cimentier a reçu associations, représentants de l'État et universitaires. Aucun élu n'est venu.

Dans le port de commerce de Brest, l'André L, 84,85 m de long, débarque 2 300 m 3 de sable de Chassiron, un gisement près de l'île d'Oléron. Mélangé à quatre volumes de sable du Pilier, gisement de l'embouchure de la Loire, cela donne un sable de qualité pour les professionnels du bâtiment et les centrales à béton.

À Brest, Lafarge s'est installé sur un site de 36 000 m 2 . Fin 2006, le cimentier a racheté la société Dragage Brestois et dans la foulée a engagé des travaux de modernisation. En 2007, le terminal sablier a reçu 250 000 tonnes. Lafarge exploite deux sites en Bretagne : à Brest, où elle fait venir du sable en traitant avec la société DTM, filiale du groupe Libaud ; à Nantes, à Cheviré, ce sont les Sabliers de l'Atlantique qui approvisionnent le site de la multinationale.

C'est donc à Brest que Lafarge a proposé aux participants du comité de suivi du Permis exclusif de recherche de granulats marins ¯ le PER sud Lorient ¯ de faire une visite. Évidemment, tout le monde n'est pas venu. Aucun élu par exemple n'était au rendez-vous.

Le sable, un matériau stratégique


Mais le pétitionnaire du permis de recherche, outre le sous-préfet de Lorient, la préfecture maritime, l'Université de Brest, l'Ifremer, le Centre d'essai de lancement de missiles de Gâvres (ex-Gerbam), a tout de même réussi à intéresser trois associations. Eau et rivières, Bretagne vivante et l'Union pour la mise en valeur esthétique du Morbihan (Umivem) ont répondu à l'invitation.

Premier temps de la visite, un exposé de Michel Desprez, docteur en biologie marine, qui présente une étude sur le site d'extraction sablière de Dieppe, dans la Manche. Le travail scientifique montre que l'extraction réduit la richesse de la nourriture des poissons (le benthos) de 60 % et entraîne une diminution de 80 % des espèces. Sept ans après l'arrêt des dragages, on assiste à une recolonisation, surtout par des espèces opportunistes. Après 15 ans, l'un des sites étudié n'étant plus chaluté, on arrive à créer un sanctuaire pour poissons.

Deuxième temps fort, les invités montent à bord du André L. En une rotation, le sablier dépose 3 500 tonnes de sable sur le quai brestois. «Cela fait 130 camions», indique Patrick Kerverdo, directeur de DTM. Fin de la visite, le terminal sablier : ici, dans deux à trois ans, Lafarge exploitera 500 000 tonnes de granulats. De quoi approvisionner tout le Nord-Finistère jusqu'à Roscoff. Car le port du Haut-Léon ne reçoit plus de sable depuis un an. «Les Anglais gardent le sable de l'île de Wight pour les travaux de Londres en vue des Jeux olympiques», indique Jean-Marc Golberg, PDG de Lafarge Granulats Ouest. Le sable, un matériau stratégique ? Oui, les Anglais font même le blocus.

Christian GOUEROU

Ouest-France
Lorient du 14/06/2008


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Commentaires

1 - Durée de la concession extraction sable Sud Lorient

Sur le site de Lafarge on trouve cette précision

Etape 3 : la concession (2011 au plus tôt)
La demande de concession serait accordée pour une durée de 20 à 30 ans. L'Administration se réserve cependant le droit de suspendre ou de retirer cette concession à tout moment.
Tout au long de cette période, le Comité de Suivi fera régulièrement le point pour évaluer les impacts environnementaux de l'extraction. S'il s'avérait que l'extraction puisse nuire à l'environnement, Lafarge s'engage à y mettre fin.

Le "2011 au plus tôt" est significatif de l'axe de communication du groupe : pourquoi vous intéressez vous à un projet qui est pour "demain" et au vu de l'article ci-dessus, on peut ajouter que les principaux protagonistes humains de ce combat seront morts depuis longtemps lorsque l'on fera l'analyse des conséquences "positives" des 20 ou 30 ans de l'extraction... S'il y a arrêt après 20 ans (hypothèse basse), d'extraction, le "sanctuaire à poissons" existera au mieux en 2038 !!

Bruno

 


Peupledesdunes | Le Samedi 14/06/2008 à 09:21 | [^] | Répondre

 

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