Mai 07 17

Version imprimable Ouest-France. Sable : Lafarge peut s'installer au Rohu

Extrait article du 16/05/2007

Revue de presse
Contraint par la justice Lanester va accorder le permis de construire à Lafarge au Rohu.


Sable au Rohu Lanester, photo Bruno Corpet 2007
 

Ouest-France

Sable : Lafarge peut s'installer au Rohu

C'est la fin d'un épisode juridique dans le feuilleton qui oppose la municipalité à Lafarge. Le maire accorde l'autorisation au sablier de s'installer au Rohu. Avec des contraintes.

La marge de manoeuvre était très étroite pour Thérèse Thiéry, maire. Un énième « non » aurait coûté cher. «Je suis allée jusqu'au bout. C'est contrainte par la justice que je vais accepter d'accorder le permis de construire à Lafarge au Rohu» annonce Thérèse Thiéry. «En cas de refus, la ville aurait dû payer la somme de 800 € par jour. Je ne peux pas demander cela aux Lanestériens.» Avec 600 000 tonnes de granulats débarqués au Rohu par Sablimaris et SVA, la municipalité considère que le port et la ville de Lanester sont à saturation.

«Longue procédure»

La semaine passée, le recours de Lanester devant le Conseil d'Etat a été rejeté. Depuis plus de deux ans, la Société rennaise de dragage (SRD), qui fait partie de la multinationale Lafarge, premier groupe mondial du ciment, a demandé un permis de construire afin de s'installer dans la zone industrielle de Lanester.

Le permis du Rohu est lié au projet d'extraction de 600 000 tonnes de sable par an entre Groix et Quiberon. Lafarge a fermé sa carrière de Pleugriffet en 2004. Elle y exploitait 200 000 tonnes de sable par an. Aujourd'hui, elle veut s'implanter en Bretagne sud. Par quatre fois, le maire de Lanester a refusé d'accorder le permis de construire. Le troisième refus date du 22 décembre 2006. «Aujourd'hui, nous arrivons au terme d'une longue procédure» souligne Thérèse Thiéry. «Ce permis est accordé, mais nous l'assortissons de contraintes fortes.»

La ville demande au pétitionnaire de construire en limites nord, sud et ouest un merlon engazonné d'une hauteur de deux mètres et planté d'arbres de haute tige à feuillage persistant afin de limiter la propagation des nuisances sonores. Elle oblige aussi la société à fournir avant le commencement des travaux un plan de circulation intérieur des camions afin que l'accès à la parcelle en limite sud-est soit supprimé pour des raisons de sécurité. Il n'y aurait ainsi qu'un seul accès à la parcelle. «Ces contraintes sont établies afin de veiller à la tranquillité des riverains. J'attends la réponse de la SRD» ajoute le maire. «Aujourd'hui, ma position est la seule possible.»

Le 19 mars 2007, le maire avait fait savoir combien elle aurait souhaité une autre issue. «Le Tout sable ne répond pas au modèle de développement de Cap l'Orient.» Dans le bras de fer qui oppose la ville au groupe Lafarge, la balle est donc dans le camp de l'industriel. Le maire va attendre la réponse de la SRD avant de s'attaquer au réaménagement de l'ensemble de la zone du Rohu, avec pour souci principal de valoriser l'espace maritime et réduire les nuisances. Sablimaris, le concurrent de SRD, qui débarque à lui seul 400 000 tonnes de sable, a déjà dans ses cartons un projet en cas de réorganisation du site.

Reste que si le permis de construire a été accordé à la SRD au Rohu, quant à l'extraction de sable entre Groix et Quiberon, il n'est question à ce jour que de prospection. Pour l'autorisation d'exploiter, c'est un autre débat qui fait bouger le «Peuple des dunes» de Gâvres jusqu'à Erdeven.

Ouest-France
Edition de Lorient, rubrique Lanester le 16/05/2007

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