Mars 07 14

Version imprimable Télégramme. Extraction de sable : Lafarge se défend

Extrait article du 13/03/2007


Revue de presse

Après l'ouverture du site internet consacré au projet d'extraction "Sud Lorient", les publicités en pleine page dans la presse locale, hier, les quotidiens Ouest-France et Le Télégramme publiaient chacun un grand article ou des "experts", du groupe Lafarge ou d'une des entreprises impliquées dans le projet d'extraction, essaient de convaincre la population qu'il n'y a aucunes conséquences négatives à extraire du sable de la mer.

Les industriels utilisent deux types d'arguments, il n'y a pas de danger pour les dunes, nos études le prouve, et "vous voulez du sable", "vous en avez besoin puisque vous voulez du béton" ... Ils n'ont pas de visions à long terme c'est à dire au-delà d'une génération, et ils "oublient" totalement le problème de la biodiversité marine.
 



Extraction de sable : Lafarge se défend
«S’il y avait un doute sur la stabilité du trait de côte, nous ne serions pas allés plus loin dans notre démarche». Didier Collonge, chargé de mission de Lafarge Granulats Services défend le projet d’exploitation des réserves de sable marin, au fond de la baie d’Etel. Le groupe Lafarge, qui a obtenu deux ans supplémentaires pour étudier les fonds marins comme les usages de cette baie avant de demander une concession d’exploitation, développe ses arguments en cherchant à convaincre. Le Peuple des dunes et ses sympathisants défendent les leurs.

«Deux systèmes sédimentologiques différents»
«Nous avons affaire à deux systèmes sédimentologiques différents. Le sable des dunes littorales n’est pas dépendant de celui qui se trouve dans ce gisement sous-marin.» Olivier Vicaire développe son argumentation avec l’aide de photographies, relevés géographiques et modélisations informatiques. D’abord, il explique que les plages sont isolées du large par des barrières rocheuses. Ceci fait que le sable tourne en rond entre les dunes, les plages et ces fonds rocheux proches.

L’usure des grains de quartz
Pour appuyer son propos, il montre une étude au microscope électronique à balayage des grains de quartz. «Il existe, au monde, trois types de grains de quartz. Ceux des dunes et des plages qui sont arrondis et mats. Le second type est dit émoussé et luisant. Le troisième : anguleux.» «Les grains que nous avons prélevés sur le site du gisement sont, à près de 100 %, des grains émoussés. Ils ne sont donc pas des grains venant de dunes ou de plages».

Les courants
Outre les photographies de traces de chaluts qui semblent rester sur le fonds, Olivier Vicaire montre aussi des modélisations courantologiques. «Les fortes tempêtes mêlées à des marées importantes ont certainement un impact. Elles représentent une moyenne de 30 heures par an. Le reste du temps, les courants de marée sont très faibles au fond : de 0,1 m à 0,2 m par seconde ne permettant pas de transporter du sédiment». Olivier Vicaire précise : «Les barrières rocheuses bloquent les éventuels mouvements de sable créés par la dérive littorale». Quant à la présence de munitions au fond, des études complémentaires vont être bientôt engagées. Jusqu’à présent, aucun problème ne s’est posé lors des carottages et sondages. Cette étude peut être consultée sur le site spécialement ouvert à l’occasion de ce Permis exclusif de recherche (Per). En voici les coordonnées :
www.lafarge-granulats-marins-projet-sud-lorient.fr

«Ce projet d’exploitation de sable ne date pas d’aujourd’hui, explique Didier Collonge, chargé de mission qui mène ce dossier. Nous avons rencontré tous les maires du littoral dès 2002 ».

«Transparence»

«Pour ouvrir une concession, nous n’avions pas besoin de ce permis exclusif de recherche. C’est une procédure volontaire, renchérit Jean-Marc Goldberg, président de Lafarge Granulats Ouest. C’était par souci de transparence comme lorsque nous avons souhaité que se mette en place un comité de pilotage sous la responsabilité de la sous-préfecture.» Transparence, communication, les responsables du groupe Lafarge se trouvent devant une mobilisation populaire qu’ils n’avaient pas imaginée.

« Manque de sable »
Ouverture d’un site Internet, pages de publicité dans les journaux, l’industriel du béton et des granulats estime ne pas pouvoir faire autrement que d’exploiter le sable marin si facile d’accès : «Nous avons fermé la sablière de Pleugriffet l’an passé. Celle de Radenac suivra d’ici quatre ans. Il n’y a pas d’autre gisement de sable connu dans la région qui souffre d’un manque important de sable,» insiste Jean-Marc Goldberg. Le recours au recyclage ? «C’est un vrai sujet, mais les matériaux concassés ne reviennent pas dans le béton».

Le Télégramme du 13 mars 2007


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