Jui. 07 08

Version imprimable Télégramme, Pierre Mollo, Plancton. La passion de l’invisible

Extrait article du 07/07/2007

Revue de presse
 

Le Télégramme

Plancton. La passion de l’invisible

Un jour, Pierre Mollo est tombé dans le plancton. Depuis, il fait grandir l’invisible jusqu’à le rendre géant, comme ce soir (le 7 juin 2007), à Brest. Passionné et passionnant, Pierre Mollo est intarissable quand il s’agit de l’infiniment petit. Prolixe, mais jamais barbant, le chercheur raconte avec bonheur la vie étonnante des planctons.

«La mer, ce n’est pas de la surface, elle respire»,
explique ce passionné de l’infiniment petit, là où le curseur oscille entre un micron (1 millième de mm) et cent microns. Originaire de Port-Louis (56), Pierre Mollo est «un gars de la côte». Il attrape le virus avec un grand-père marin pêcheur, mais ses parents ne veulent pas qu’il se lance dans l’eau salée. À 14 ans, il entre dans un lycée technique à Paris, passe un CAP d’ajusteur et travaille pendant trois ans dans une usine qui fabrique des machines à emboutir.

L’influence des Japonais
Son retour à ses premières amours passe par la rencontre fortuite, sur la presqu’île de Quiberon, de Japonais, des précurseurs dans l’élevage : «Ils m’ont montré des bébés crevettes au microscope. Mais ils m’ont dit aussi, "on va t’apprendre le plancton, sans microscope". Pierre Mollo s’éduque l’œil à travers l’observation des bocaux, du rai de lumière qui passe dans la goutte d’eau, de la couleur de la mer qui trahit la présence de plancton. Son parcours maritime, varié, ressemble depuis 1969 à ces poupées russes qui s’emboîtent. Dans son cas, le fil d’Ariane est la compréhension de la mer, de ce qui se passe aussi, de bien ou de moins bien, au contact de la terre. S’y ajoute la volonté de partager la connaissance, d’emmener le microscope au bout du quai, au bout du champ. «Mon labo, je l’ai construit comme une loupe», résume cet enseignant-chercheur à AgroCampus Rennes, sur le site de Beg-Meil, à Fouesnant (29). Employé depuis 1976 par différents ministères, jamais titularisé, Pierre Mollo fait figure de «contractuel perpétuel» au domaine immense.

Végétal ou animal
Le plancton, mot qui vient du grec plagkton, qui signifie «errant», est en effet partout, en mer d’Iroise, au Vietnam, en Ukraine, sous la calotte glaciaire, dans les mangroves tropicales, sous forme végétale ou animale. Il en existe 200.000 à 300.000 sortes et la liste est loin d’être close. Les planctons sont durs entre eux, les gros mangent les petits, certains se défendent comme ils peuvent. La nature ayant aussi horreur du vide, le «bon plancton» peut se faire damer le pion par un opportuniste moins franc du collier, voire pas honnête.

«Socle de la vie»
«Aux enfants, j’ai envie de dire que ce n’est pas parce que c’est invisible que c’est inutile. Et que notre vie dépend de l’infiniment petit», résume Pierre Mollo. La forme, parfois surprenante, du plancton est aussi source d’inspiration pour des artistes. Cela a été le cas pour un décor d’opéra, des peintures, des contes. Bref, c’est une mine, en même temps que le témoin de la fragilité des eaux. Pierre Mollo reste insatiable. Il aimerait bien pénétrer dans les sédiments marins, les sables, les vases, pour y voir la vie. On ne se refait pas...

Vincent Durupt
Le Télégramme du 07/07/2007


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