Août 08 13

Version imprimable Yves Lebahy, les interrogations du Peuple des Dunes (partie 2)

mise à jour le 13/08/2008 version du 12/02/2008

 



4ème interrogation :
L’interdépendance ou non des systèmes dunaires littoraux avec ces gisements :  


Pour les bureaux d’études, ou tout au moins l’usage qui est fait de leurs travaux, cette interdépendance n’existe pas. C’est possible, ce n’est pas certain. Pour affirmer ce point, il est fait référence à plusieurs arguments :
  • Tout d’abord, le sable du gisement ne serait pas de même nature  (état des surfaces, forme) que celui qui constitue le système dunaire actuel du front de mer. « La présence de dissolutions par l’eau de mer à la surface des grains de sable indique que ces derniers n’ont pas bougé depuis leur dépôt » est-il écrit dans le document de communication de juillet 2007.  Possible. Toutefois, des prélèvements  effectués sur place par le plongeur de l’Observatoire du plancton   ne présentent guère de différences avec les sables prélevés en profondeur (entre 50 et 70 cm en bas de plage) sur les plages de la barre d’Etel : même texture, même émoussement, même couleur. Nous n’avons pas effectivement procédé à une analyse au microscope et n’avons en cela nulle compétence. Mais s’il y a différence, elle semble minime.

    Extrait ouvrage de A. Guilcher Morphologie littorale et sous marine PUF 1953 Cité ci-dessous, p.148
  • Par ailleurs, André Guilcher avait démontré les relations existantes entre résidus de l’ancien cordon dunaire  aujourd’hui sous-marin et système actuel visible en bord de mer(3).Certes ces analyses sont bien anciennes. Mais il est indéniable que le cordon actuel résulte fort probablement d’un transfert de sédiments opéré lors des dernières transgressions marines. Or, le tracé du rivage vers moins 8000 passait approximativement sur le site du gisement actuel.  Certes, ces sables sont fort probablement des sables issus des fronts morainiques de la dernière glaciation, repris par les écoulements fluviatiles et ayant comblé les lits de ces écoulements (ce que démontre le travail du LEMEL). Mais fort probablement pour partie, ils ont migré au cours de la transgression, accompagnant l’évolution du front de mer, pour constituer le réseau dunaire actuel. Il serait étonnant que ces deux masses de sable soient indépendantes, comme il l’est actuellement proclamé. Tout ce qui peut être accrédité, est le fait que depuis moins 8000, le niveau de mer n’est monté que d’une quinzaine de mètres. La migration des sédiments a dû se ralentir par rapport à la période précédente, c’est à dire entre -10 000ans (-60 m) et –8000.  De là à dire qu’il n’y a plus de lien entre les deux systèmes, n’est-ce pas aller un peu vite en besogne ?  Même ralentie, voire infime, il est possible que cette migration  perdure actuellement.  Et, même en admettant qu’il y ait aujourd’hui deux systèmes indépendants qui auraient trouvé leur équilibre, n’y a-t-il pas à craindre que ce dernier soit rompu par les transgressions en cours bien réelles et plus directement par la réalisation d’une souille d’extraction qui nécessairement  le perturbera.


    Extraits du travail de Sylvain Corlay. Cité ci-dessous.
  • Enfin, une étude réalisée par Sylvain Corlay en 1997(4), sous la direction de Bernard Hallégouët de l’UBO, démontre la concomitance actuelle d’une érosion du tombolo (secteurs en jaune sur la carte) de Quiberon en certains secteurs avec l’existence de courants de retour, issus d’une dérive littorale et qui utilisent les passes sans relief de la soi disant barrière. Ces courants de retour s’accompagnent fort probablement d’un transfert de sédiments allant cette fois du rivage vers les fonds. Ces mouvements sont confirmés par une modélisation du  cabinet SEAMER qui souligne notamment des migrations sédimentaire de 30t/m/30 h par fortes houles de tempête dans ces filières de retour. Les sédiments migrent fort probablement dans l’une ou l’autre des directions (de la côte vers les fonds ou inversement) et il y a probablement interdépendance des systèmes.
    Certes les mouvements de sédiments sont sans doute faibles, mais bien réels. Les constats actuels avancés affirmant l’absence d’interférences, ne résultent-ils pas avant tout de la durée limitée des études dans le temps  : ici deux à trois ans, alors qu’en Grande Bretagne une telle étude de sédimentologie dure 15 ans ?

    Les évolutions actuelles du littoral en ces rivages ou  dans des lieux proches démontre l’existence de transferts  importants de sédiments contribuant à des évolutions du trait de côte. Cela nous conduit aux interrogations suivantes.


5ème interrogation :
Les courants de dérive littorale et l’évolution de littoraux de la région :


Des transferts de sédiments ont bien lieu sur cette côte sud de la Bretagne et il ne faut pas réduire les dynamiques, semble-t-il, au seul secteur de l’étude. Ceux-ci peuvent résulter  certes des effets de la houle sur les fonds et donc dépendent de la propagation de ces  trains de houle. Ici ils proviennent du secteur W ou du SW ou le plus souvent de W-SW et sont amortis par les îles, notamment celle de Groix (voir cartes en annexe 2 bis). Le tombolo de Quiberon constitue par son orientation un réceptacle à ces trains de houle, subissant de ce fait une forte érosion. Ainsi donc, sa côte orientée à l’ouest aurait tendance à reculer alors qu’à l’inverse, celle orientée à l’Est ferait l’objet d’un engraissement en raison des phénomènes de diffraction de la houle autour de la presqu’île.

Ces grands mouvements de houles W-SW  mettent en œuvre des courants de dérive littorale généralement orientés vers l’Est. Toutefois, en raison de la réflexion des houles venant du S ou du S-SW à certaines périodes, ils semblent aussi s’orienter sur certains secteurs à l’inverse vers l’W. Ce second point est rarement pris en compte. Hors  l’observation de la morphologie littorale sur certains lieux de la côte semblerait le démontrer : formes du tombolo de Gâvres, du poulier de la Laïta. Le recul  progressif de ce dernier, la rupture du tombolo de Gâvres en Janvier 2001, les évolutions de la Barre d’Etel sembleraient démontrer qu’il y a bien par moment des courants de dérive littorale, combinés à des courants de marées  (voir annexe 3 : le cas des courants de marée à Gâvres) qui vont dans cette direction inverse de l’W.

Cependant l’amaigrissement de certaines portions du tombolo de Quiberon est un fait patent, établi par les études de l’Institut français de l’environnement  (Ifen) à partir de couverture satellitaires (Cf. carte Corine Landcover de 2002 – annexe 3 bis). Elle souligne l’importance des dérives littorales dans ce rôle de dégraissement de la côte notamment dans le secteur de Penthièvre et de celui allant de l’observatoire à Gâvres.  Là, la côte est en recul. Simples effets d’évolutions naturelles sûrement, mais sans doute amplifiés par les prélèvements antérieurs de sables dans ces systèmes dunaires mobiles. Ces derniers n’ont-ils pas contribué eux aussi, en ôtant des masses importantes de sables, à fragiliser la mécanique sédimentaire de cette côte ; on peut  en tout cas s’interroger ?

De nombreux prélèvements ont eu lieu tant en mer que sur les dunes côtières dans ce secteur de côte depuis cette période (base sous-marine, reconstruction de la ville) L’inventaire des lieux de prélèvements et des quantités extraites nous est impossible pour le moment faute d’accès à une documentation précise. Mais ces principaux sites d’exploitation ont été localisés en zone dunaire (Embouchure de la ria d’Etel, secteur de Kerguelen en Larmor plage, secteur du Fort Bloqué en Ploemeur)  et aussi en mer, entre Groix et le continent.  Et il semble bien y avoir un lien direct entre ces extractions opérées depuis 50 ans et les affaiblissements du tombolo de Gâvres, l’amaigrissement de la plage des Grands Sables de Groix et surtout la disparition partielle du poulier de la Laïta sur au moins 200m en mer.  Ces mouvements sont lents (50 ans) ; ils semblent traduire aussi l’existence de ces courants de dérive littorale orienté à l’W dans ces secteurs. Mais seuls des spécialistes de ces questions peuvent affirmer ou infirmer de telles suppositions.

Ce qui par contre pose problème dans les études en cours, c’est l’occultation de ces questions par focalisation de la zone d’étude sur le seul périmètre lié au gisement. Or, on a bien à faire ici à tout un système prenant en compte cette portion du littoral sud  de la Bretagne. Les études en cours devraient, nous semble-t-il, intégrer cette dimension géographique plus large du bassin d’étude, car il y a là des interactions complexes. Elles devraient également s’insérer dans une analyse temporelle plus longue car ce sont là des phénomène lents, mouvants dans le temps et qui fort probablement évolueront encore avec les mutations attendues du niveau marin, aussi faibles soient-elles.  Cela nous conduit à la 6ème interrogation.

 
6ème interrogation :
Les effets d’une souille de prélèvement sur les sédiments et le trait de côte :


Il est affirmé, dans la communication des groupes, que « l’impact des prélèvements sera limité aux talus de la zone de draguage »(5) .

Certes, cet effet est indubitable mais sans trop de conséquences, sinon halieutiques. Tout comme il semble vraiment aléatoire que les plages actuelles du trait de côte glissent vers la souille ainsi créée, ce qu’imagine l’opinion publique. Quoique des exemples, comme celui de Wissant dans le Pas de Calais, le laisseraient supposer.

Par contre ne faut-il limiter les effets d’une souille qu’aux seuls glissements du talus ? La modification des fonds risque d’entraîner une modification de la propagation des trains de houles et de leurs effets. L’étude réalisée par Béryl du Gardin et Florence Cayocca pour Ifremer et consultable sur son site(6) démontre que d’autres effets peuvent être observés. Leurs expériences par essai en cuve et simulation numérique démontrent qu’une souille modifie la propagation des trains de houle par réfraction, entraînant sur les rivages des effets d’engraissement dans l’axe de la propagation et des effets d’érosion  de part et d’autre dans des secteurs qualifiés de zones d’ombre où la houle est amplifiée (voir annexe 4).

Or, dans le cas qui nous intéresse, les orientations des trains de houle, qui viennent frapper le tombolo de Quiberon seraient donc susceptibles de générer des zones ponctuelles d’érosion, correspondant à ces zones d’ombre. Certes, elles varieront de lieu en fonction  du changement d’orientation des trains de houle. Mais justement, ne peuvent-elles entrer en interférence avec les phénomènes déjà observés de dégraissement naturel issus des courants de dérive littorale, ce qui accroîtrait alors les effets d’érosion du tombolo ?  La morphologie des fonds marins, les orientations majeures de la houle, laissent supposer que le phénomène est concevable.  C’est un cas particulièrement envisageable lorsque les houles sont de W-SW, houles les plus nombreuses et accompagnant souvent des phénomènes de tempête.  N’oublions pas qu’au cours de tempêtes, notamment celle d’Octobre 1987, le tombolo a failli céder au niveau de Penthièvre, point très vulnérable. Or il apparaît que les effets d’ombre portés par une souille en ce cas, ne rencontrent nul obstacle dans leur propagation sur les fonds  et se portent au rivage sur les secteurs déjà en dégraissement naturel ?  (voir simulations cartographiques, annexe 5).

Il y a là un risque majeur de voir ces effets indirects de la souille se combiner avec des dynamiques naturelles de dégraissement des secteurs de Penthièvre et  de ceux situés au S  de l’observatoire.


 
7ème interrogation :
L’absence d’effets sur la ressource halieutique et les équilibres biologiques :


A lire les conclusions des études, ces prélèvements de sable seraient sans effet sur la zone, laquelle est présentée comme un secteur vide de toute vie halieutique. Ce n’est pas le point de vue des pêcheurs et des chercheurs spécialisés en ces domaines.

Pour les pêcheurs, ce secteur, en forme de cuvette est un lieu refuge des poissons en période d’agitation des eaux et constitue ce qu’il appellent la « tirelire », dénomination fortement explicite (voir annexe 6).

Pour les chercheurs , les conclusions vont dans le même sens. La thèse de Jacques GUILLOU (Université de Bretagne Occidentale - 1980) démontre bien la richesse de la zone, particulièrement dans le périmètre prévu d’exploitation du gisement (voir annexe 5). Pour nombreux d’entre eux, cette zone sableuse constitue certes une zone refuge de la faune en cas de turbulence de la mer mais serait aussi une frayère à mettre en rapport avec les zone de nourricerie du fond de la ria d’Etel.  C’est un même système. Doit-on perturber un tel équilibre biologique ?

Plus inquiétante enfin est l’interrogation que formulent les chercheurs du CEMPAMA (laboratoire de recherche halieutique du ministère de l’agriculture et des pêches de Beg Meil), parmi lesquels Pierre MOLLO. Ils constatent un développement d’algues toxiques en certains lieux de nos côtes, mettant en péril l’exploitation de gisements coquilliers. Or, ces mêmes lieux sont l’objet d’extraction de granulats. Y a-t-il corrélation entre les phénomènes ? Des études sont actuellement conduites en ce sens.


8ème interrogation :
Les limites des études présentées par les différents laboratoires :


Les informations apportées par ces éléments de communication, les comptes rendus d’information des laboratoires, aussi  fouillés, intéressants et élaborés soient-ils, restent cependant trop imprécis pour pouvoir se faire une idée exacte des impacts de l’extraction sur l’évolution du milieu.  Un trop grand nombre d’imprécisions les caractérisent qui devraient conduire à la prudence.  Quelles sont-elles ?
  • Nous ignorons tout des modèles théoriques utilisés par ces laboratoires pour définir les dynamiques hydrauliques et sédimentaires présentées. Plusieurs modèles existent avec leurs avantages et inconvénients. Ils ne sont ici cités dans nul document.
  • Par ailleurs, comme dans tout calcul, une marge d’erreur doit être présentée à côté des conclusions offertes. Elle a ici son importance notamment sur les modélisations spatiales des flux d’eau et de sédiments, sur leur intensité. Or ces marges d’erreur sont nécessaires à toute analyse pour prévoir les évolutions aux abords du projet. 
  • Elles ne sont prises que dans une approche statique du milieu étudié, tant sur un plan spatial que temporel très court qui en permet pas d’avoir une idée précise des dynamiques du milieu (rappelons qu’en Grande Bretagne une telle étude nécessite 15 années d’observation).
  • Certes, elles nous fournissent un état des lieux momentané, mais ne cherchent en rien à anticiper les impacts à venir de la souille sur l’évolution des mouvements hydro-sédimentaires pris dans un contexte spatial beaucoup plus large que celui du seul site d’extraction : il nous faut mesurer son impact sur tout le système littoral environnant de  Quiberon à Gâvres et Groix, voire au-delà.  A l’enseignement des effets de prélèvements opérés sur la côte depuis la dernière guerre, n’oublions pas que les impacts de tels agissements ont des rémanences sur des temps très longs (50 ans) et des incidences sur des lieux fort éloignés (exemple du poulier de la Laïta).
  • Les mouvements d’eau, vraisemblablement intenses et importants de la ria d’Etel à la mer et inversement ne sont pas étudiés. Or, il se font dans l’axe de la souille prévue et fort probablement mettent en jeu des masses d’eau  qui se propagent  par effet de chasse jusque sur cette zone de la mer bordière. Quels sont-ils réellement ? quels impacts peuvent-ils avoir sur la zone de recherche ?  Quel rôle jouent-ils dans la dynamique halieutique du secteur?

9ème interrogation :
La cohérence de cette action par rapport aux politiques de protection et de préservation actuelle du littoral en ce secteur :  une démarche politique à contre courant ?

La question  posée par cette opération est enfin politique, au sens profond du terme. Elle arrive à « contre courant » des initiatives portées en ces lieux depuis peu par les autorités françaises sous l’impulsion européenne.

Jusqu’à présent les littoraux ont été perçus comme des espaces à conquérir. Ils subissent une pression énorme en terme d’enjeux, de concurrences pouvant aller jusqu’aux conflits. En réaction nos autorités ont, depuis 50 ans, mis en œuvre des politiques de protection, ou mieux de préservation.  C’est ici le cas.

Ce secteur littoral est l’objet de plusieurs mesures de protection :
  • une Opération Grand Site dunaire dont un des objectifs essentiel est la protection contre toute agression  de ce massif dunaire considéré comme un des plus grands de Bretagne. Or il est ici très proche du site : à moins de 5km.
  • un site classé en Natura 2000 qui inclut l’îlot de Téviec. Son extension en mer est en cours. L’application de cette mesure de protection définie par l’Union européenne devrait conduire à une extension systématique du périmètre Natura 2000 à 2,5 milles en mer comme cela se fait dans d’autres pays de l’Union.  Ici, les propositions récentes ne l’appliquent pas encore. Faudra-t-il attendre 2013 pour que ce soit le cas ? Ce sujet suscite apparemment quelques polémiques aujourd’hui.
Mais surtout, ce territoire est engagé dans une politique de préservation depuis 2005 avec l’expérimentation de Gestion intégrée des zones côtières (GIZC) de la Ria d’Etel. Cette nouvelle politique, inscrite dans les logiques de développement durable prônées par l’UE, par ailleurs soucieuse de prendre en compte la complexité de ces milieux littoraux et côtiers, propose une approche globale et intégrée des problématiques d’aménagement et de mise en valeur de ces espaces en s’appuyant sur une lecture unifiée des milieux qui lie les rivages terrestres à la mer bordière. Les activités humaines à terre sont définies par les impératifs d’équilibre du milieu de la mer bordière. Ici la portion maritime comprise entre Gâvres et Quiberon relève nécessairement du territoire considéré par cette démarche. Or pour le moment, elle n’est pas prise en compte dans l’expérimentation GIZC ria d’Etel, ce qui est inconcevable.

Par ailleurs, cette politique de gestion intégrée tente d’assurer la cohabitation entre les activités et différents modes d’occupation du territoire. Mais, à la recherche d’une utilisation économe de ses ressources, du maintien des équilibres du géosystème littoral qui combine à la fois écosystème et anthroposystème, elle axe sa réflexion sur la place de l’homme-habitant en tant qu’acteur majeur de la gestion de cet espace. Aussi vise-t-elle à responsabiliser les populations à l’égard des choix à opérer en matière d’aménagement et de mise en valeur de leurs territoires, ce qui suppose de mettre en place une politique réelle de concertation. Or la concertation, c'est l’élaboration en commun d’un choix  de vie, d’aménagement, après information des enjeux et discussion équilibrée entre acteurs concernés, cela dans une démarche citoyenne renouvelée.

Sur le secteur Gâvres Etel ce processus est  déjà en route sur l’impulsion de l’Etat et des collectivités. Les populations et les autorités politiques locales comprendraient mal qu’une telle activité soit  conduite en ce lieu, alors que la décision d’opérer semble s’imposer de fait, sans débat organisé jusqu’à présent, sans décision commune et que ses conséquences vont à l’encontre de l’idée de préservation du géosystème littoral.

Il y a là ignorance de la part des opérateurs, tant  dans la démarche entreprise que ses conséquences, de ce changement de la politique littorale. Il y a là ignorance des expérimentations en cours conduites par l’Etat.  Tout cela peut paraître relever d’un mépris que les populations ne supportent plus et qui met en péril l’expérimentation entamée et conduite par l’Etat et l’Union européenne. Cette opération arrive donc à contre courant des politiques aujourd’hui menées en faveur de la préservation du littoral. Elle risque même d’annihiler tous leur efforts et d’en détourner les populations. Restons donc  prudents et responsables !
 


Notes
(3)  André GUILCHER, Morphologie littorale et sous-marine, Orbis, PUF, 1954, p. 148-149.
(4) Sylvain CORLAY, Etude morphodynamique pour la gestion des dunes de Quiberon (littoral occidental de la commune de Plouharnel), mémoire de maîtrise sous la direction de Bernard Hallegouët, Université de Bretagne Occidentale, Brest, Juillet 1997.
(5) Cf document de juillet 2007
(6) Béryl du GARDIN , Florence CAYOCCA, Effets de l’exploitation des matériaux marins sur la stabilité du littoral, site IFREMER, 2006.


Conclusion :


Toutes ces interrogations sur les questions hydrologiques et sédimentaires doivent paraître bien naïves, voire dénuées de fondements à des spécialistes de ces questions. Pourtant, nous nous les posons. Mais elles se double d’une responsabilité citoyenne que nous assumons. Certaines se sont avérées justes, ce qui renforce nos doutes dans d’autres domaines du projet. Mais ce ne sont pas les seules raisons qui nous conduisent à nous interroger sur la pertinence de tels prélèvements. Nous sommes là à proximité de secteurs protégés et de territoires où s’opèrent des mesures de protection et de préservation impliquant une responsabilisation des populations.  Le site potentiel d’exploitation est à 3 milles et demi d’un secteur Natura 2000 : en Grande Bretagne, cette seule condition suffirait à empêcher l’exploitation. Il est très près de la côte, à environ  5 km. 

Nous touchons donc là d’éventuelles incohérences politiques que ne comprennent pas les populations locales. Mais surtout dans un secteur où l’économie touristique conduit à la mise en place de profonds déséquilibres démographiques, sociologiques et économiques pouvant conduire à l’éviction d’hommes et d’activités, la question de la pertinence de tels prélèvements est aujourd’hui posée. C’est une question éminemment politique qui touche au projet de société sur le secteur mais aussi la région. Or, avons-nous à ce point besoin localement de ces granulats pour alimenter une économie touristique et résidentielle qui s’avère fortement consommatrice de tels besoins en sable de construction ? Cette question est encore plus importante que les simples interrogations sur la pertinence ou non du prélèvement. Mais cela est le problème de la société et de ses instances politiques représentatives.





 

Mots-clés : , ,

 

Recherche dans tout le site 

Services visiteurs 



voir les Stats

Annuaire et Guide de Bretagne, www.webbreton.com
www.webbreton.com


autres