Yves Lebahy, les interrogations du Peuple des Dunes Annexe 1

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Annexe 1


Extraits du courrier d’Alain Hénaff  (UBO) du 15 Septembre 2005 aux maires de Plouharnel, Plouhinec, Etel, Quiberon et St Pierre Quiberon :


*   « …Les éléments actuellement disponibles dans la littérature sur les effets des extractions de sédiments en mer font tous, ou presque, référence à une profondeur au-delà de laquelle ces extractions n’auraient plus d’effet sur les rivages proches. Cette profondeur est généralement fixée à 20m en dessous des plus basses mers (Augris et cressard, 1984 ; Boutmin, 1986 ; LCHF, 1987 ; Desprez, 1993 ; Paskoff, 1993). Ce seuil a été fixé après que des mesures aient été réalisées en bassin d’étude et par modélisation numérique et l’essentiel des publications scientifiques consultées y fait référence.  Dans le cas des extractions proposées au large d’Etel, la profondeur des zones d’extraction est bien en dessous des 20m, puisqu’elle est comprise dans des profondeurs de l’ordre de 25 à 30m. elle reste donc en deçà de la zone affectée par les processus de démaigrissement-engraissement de la plage et de l’avant-plage proche.

Néanmoins, certains auteurs ne sont pas aussi affirmatifs sur cette limite. Ainsi, Clus-Aubry (2003) cite le cas des matériaux extraits depuis 1896 et jusqu’en 1974 dans le chenal de l’Adour. Ceux-ci étaient rejetés dans des fonds de –20m, mais on estime cependant que 20% de ces matériaux ont pu revenir dans la zone active littorale, ce qui suppose que la mer était encore capable de les mobiliser dans ces profondeurs. Pinot (1998) parle, quant à lui, d’une profondeur variable en fonction de l’importance de l’exposition d’un secteur littoral à l’énergie des houles qui y parviennent. Pour lui, cette profondeur est susceptible de varier de 5 à 40m de profondeur en dessous du niveau des plus basses mers en fonction du degré d’exposition du rivage et de l’avant-plage (par exemple, en baie d’Audierne dans le Finistère, cette profondeur serait de l’ordre de 40m). On serait alors trop proche du littoral  et les extractions exposeraient les rivages déjà affectés par l’érosion à une amplification du phénomène… »

Le degré d’exposition d’un rivage est quantifié par les houles qui y parviennent, en particulier à partir de la hauteur que la houle atteint au large. Ces hauteurs sont mesurées durant une période plus ou moins longue mais généralement de quelques années au maximum, période de mesure après laquelle on établit des statistiques de fréquence des hauteurs qu’elles peuvent atteindre. …. Néanmoins, il reste que ces statistiques sont fondées sur une courte période de mesure qui ne peut sans doute pas refléter l’ensemble des hauteurs de houles qui se propagent dans la zone.  Il serait par exemple intéressant de se demander ce que seraient les effets sur les fonds affectés par les extractions  et les plages environnantes des houles décennales, centennales, voire millénaires, en simulation numérique. Il existe donc, selon les différents auteurs  pris en considération, une certaine incertitude sur l’extension  et la profondeur réelle de la zone active et l’on peut bien entendu arguer du fait que les modélisations ne peuvent en aucun cas transcrire complètement la réalité. On pourrait par conséquent, par simple précaution en l’absence de certitude absolue, suggérer de déplacer la zone d’extraction un peu plus vers le large, d’autant que les accumulations sédimentaires sous-marines existent également dans des profondeurs  plus importantes….»



•    « … Le second élément susceptible de nuancer le rapport de la société demandeuse est relatif à l’un des résultats des simulations numériques exposé dans la présentation power point que j’ai eue. Le document intitulé « capacité de transport du sable du fond par forte tempête de SW »(diapositive 11) montre à l’emplacement de la zone d’extraction projetée que les capacités de transport de sable ne sont pas négligeables dans ces conditions (conditions qu’on ne peut qualifier d’exceptionnelles dans le secteur, les fortes tempêtes de SW étant courantes).  Ces capacités de transport sont de l’ordre de 10 à 30t/m en 30heures… ce qui n’est pas négligeable. A cela s’ajoute le fait , non négligeable lui aussi, que dans ce secteur, le sens des transits sédimentaires est orienté  depuis la côte vers le large, ce qui suppose donc que , déjà à l’état naturel, les sédiments tendent, dans ces conditions de tempête à partir de la zone côtière en direction du large. On peut d’ailleurs, à la vue de ce document et en regardant le sens des flèches indiquant le transport de sédiment, voir ainsi que les conditions décrites (forte tempête de SW)sont propices à l’érosion du trait de côte dans ce secteur et dans le secteurs adjacents car s’il y a érosion sur les rivages au droit de la zone d’extraction, ce déficit local sera compensé à plus ou moins longue échéance par des apports latéraux ; Or les résultats présentés dans ce document ne tiennent pas compte de l’approfondissement  et donc de l’appel au vide et de l’accentuation des pentes que créera la zone d’extraction. On peut dons s’interroger sur l’opportunité d’installer dans cette zone un site d’extraction…. »



 

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